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Etude de l'AMF sur le financement par le marché à Paris sur la période 2007-2025

juillet 2026
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AMF
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Face à l’accroissement des besoins de financement de l’économie européenne, notamment dans les domaines des transitions écologique, numérique et de la défense, le développement des marchés de capitaux apparaît comme un sujet majeur pour la compétitivité de l’Europe et le renforcement de son autonomie stratégique. Dans ce contexte, l’AMF publie une étude sur le financement par le marché à Paris sur la période 2007-2025.

L’initiative européenne pour l’Union de l’épargne et l’investissement vise à renforcer l’attractivité et la capacité des marchés financiers européens à financer les entreprises. À cet égard, la diminution du nombre d’entreprises cotées est un sujet d’attention croissant pour les régulateurs. Le développement des financements privés exerce en effet une concurrence de plus en plus forte sur les marchés boursiers. Par ailleurs, de grandes sociétés européennes ont récemment fait le choix d’une cotation principale à l’étranger, en particulier aux États-Unis, où le rebond récent du nombre d’entreprises cotées contraste avec l’attrition continue observée sur la plupart des grandes places européennes, à l’image de Londres, Francfort ou Paris. Cette étude a pour objectif d’observer les tendances de long terme qui ont marqué la place parisienne et d’apporter quelques points de comparaison avec d’autres places financières, notamment européennes.

Un renouvellement limité de la cote parisienne

En moins de vingt ans, le marché réglementé Euronext-Paris a perdu plus de la moitié de ses effectifs et depuis 2024, le nombre de sociétés cotées sur le marché des PME et des valeurs de croissance, Euronext-Growth, diminue lui-aussi. Cette baisse du nombre de sociétés cotées à Paris reflète essentiellement un tarissement des introductions en bourse depuis la crise des subprimes sans que les entreprises françaises privilégient pour autant une cotation à l’étranger. Les transferts des marchés des valeurs de croissance vers les marchés réglementés se sont également taris. À l’inverse, les transferts vers Euronext-Growth des petites capitalisations d’Euronext-Paris, se sont accrus, ce qui ne semble pas nuire aux valorisations ni à la capacité des entreprises à se financer. Toutefois, ils s’accompagnent d’une sensible diminution du nombre de titres échangés. De fait, le marché des valeurs de croissance Euronext-Growth semble dans l’ensemble mieux adapté aux PME en termes de rapport coûts/bénéfices de la cotation et de visibilité des sociétés pour les investisseurs.

En conséquence, la cote parisienne est aujourd’hui plus concentrée autour de grandes valeurs qu’elle ne l’était en 2007, avant la crise des subprimes. Elle ne parvient guère, en outre, à attirer les valeurs étrangères, dont le poids reste, comme à Francfort, à des niveaux faibles. Par ailleurs, le profil financier des entreprises cotées est globalement plus fragile qu’avant la crise financière (un phénomène que la crise Covid et les tensions géopolitiques ont pu contribuer à accentuer). La rentabilité des entreprises cotées en 2023 est inférieure à celle observée en 2007, le niveau d’endettement mesuré par le ratio dette/capitaux propres, s’est accru pour la plupart des sociétés cotées, à l’exception des sociétés de taille intermédiaire. Enfin, si les entreprises pas ou peu risquées restent majoritaires sur la place financière tant en 2007 qu’en 2023, la part des entreprises considérées comme fragiles ou très fragiles est plus élevée en 2023 qu’en 2007, en particulier sur le compartiment C et sur Euronext-Growth.

Financement par le marché

Les émissions d’actions d’entreprises déjà cotées à Paris ont connu des fluctuations relativement marquées depuis 2007, avec des pics observés lors des grandes crises financières, notamment en 2008, année caractérisée par d’importants besoins de recapitalisation de grandes institutions financières. Les émissions ont concerné de nombreux émetteurs et de toutes tailles, avec un recours au marché particulièrement important sur Euronext-Growth. Enfin, les levées de capitaux ont été généralement motivées au cours des années récentes par un renforcement des fonds propres et le désendettement des sociétés.

Dans un environnement macro-financier caractérisé par des niveaux de taux d’intérêt particulièrement bas, les émissions d’obligations par les sociétés non financières françaises sont apparues dynamiques sur l’ensemble de la période étudiée. Si le recours aux émissions obligataires est répandu parmi les entreprises, il concerne surtout les grandes entreprises. Pour leur part, les PME-ETI ont accru le recours au marché, du moins jusqu’en 2017, notamment après le lancement par Euronext de l’initiative IBO (inital bond offering) visant à faciliter leur accès au marché obligataire ainsi que la création de fonds obligataires spécialisés sur les PME-ETI, avant que ce mouvement ne marque le pas.

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