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L’essentiel à connaître sur le cash management en Europe de l’Est

juillet 2026
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Auguste Grignon Dumoulin
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Points clefs :

  • Certains pays et établissements d'Europe de l'Est se montrent plus tatillons en termes de procédures KYC, valorisant l'accompagnement par ses partenaires bancaires historiques pour faciliter les démarches ;
  • Les frais, notamment d'ouverture de compte bancaire, peuvent se montrer plus élevés ;
  • Les règles en matière de cash pooling diffèrent en Serbie et en Albanie ;
  • La Bulgarie a rejoint la zone euro le 1er janvier 2026 tandis que la Serbie a rejoint la zone SEPA le 5 mai 2026.

Cet article est tiré d’une réunion de la commission « Cash management » de l’AFTE, dont Annie Flaux et Donia Harriz sont vice-présidentes. La présentation était assurée par Dominique Sigros, responsable international desk Europe Centrale & Orientale à Crédit Agricole Corporate and Investment Bank.

Monnaies nationales

L’Europe centrale, l’Europe de l’Est et les Balkans regroupent une zone d’une vingtaine d’Etats sur le continent européen. Parmi eux, certains utilisent l’euro (Autriche, Slovaquie, Slovénie, Estonie, Lettonie, Lituanie etc…) tandis que d’autres ont conservé leur devise nationale (Pologne, Serbie, Hongrie, Roumanie, République tchèque etc…).

Il existe certaines exceptions comme le Kosovo et le Monténégro, qui utilisent l’euro de façon unilatérale sans appartenir à la zone euro, ainsi que la Bosnie-Herzégovine, qui a arrimé son cours à celui de l’euro. La Bulgarie est pour sa part le dernier pays à avoir rejoint la zone euro, le 1er janvier 2026.

Ci-dessous, la carte des Etats situés en Europe et leur devise :

Paysage bancaire

Le paysage bancaire est principalement dominé par les banques occidentales, en particulier les banques autrichiennes, allemandes, néerlandaises, françaises et italiennes. « Leur part de marché peut monter jusqu’à 80 % dans certains pays, comme la Slovaquie. Cela sous-entend des connectivités similaires à celles en Europe de l’Ouest », détaille Dominique Sigros, responsable international desk Europe Centrale & Orientale à Crédit Agricole Corporate and Investment Bank.

D’autres pays ont néanmoins cherché à nationaliser leur système bancaire, à l’instar de la Hongrie, qui a vu la part de marché des banques étrangères chuter environ de moitié à 40 % depuis 2010.

Ouverture de compte

L’ouverture de compte est, comme souvent, un exercice très administratif. Il peut nécessiter trois semaines comme plusieurs mois, selon les exigences réglementaires de chaque pays et de chaque établissement. 

« La Serbie est par exemple très tatillonne en termes de procédure de connaissance client (know your customer, KYC). En Roumanie, nous avons récemment dû fournir les numéros d’identification fiscale des bénéficiaires effectifs. L’Estonie est quant à elle une société de verre d’un point de vue confidentialité. Certains établissements vont également vouloir remonter la chaîne de tous les bénéficiaires effectifs dès lorsqu’ils possèdent plus de 10 % du capital ou des droits de vote de la société, alors que la directive européenne fixe normalement le seuil à 25 %. C’est donc du cas par cas. Mais l’anticipation reste le maître-mot : il est essentiel de préparer les documents clés en amont », renseigne Dominique Sigros.

Pour parer d’éventuelles difficultés, le responsable conseille de se faire accompagner par ses banques teneuses du pool de trésorerie, qui pourront faire jouer leurs relations avec les banques locales pour faciliter les démarches.

A noter : si les entretiens vidéos sont possibles, il sera néanmoins parfois nécessaire de se déplacer en physique dans les locaux de certaines banques, notamment pour la signature de documents. Dans le cas des grandes banques présentes à l’étranger, il est parfois possible de réaliser les entretiens dans des succursales à Paris. « Sachez que l’entièreté de l’entretien peut être filmée et pas seulement la vérification de votre identité. Cela sert à créer un historique au sein de la banque. Refuser cette procédure peut devenir un point bloquant : il s’agit des fourches caudines pour réussir à ouvrir un compte », ajoute Dominique Sigros.

Frais bancaires

De façon générale, les frais bancaires sont plus élevés en Europe de l’Est. L’ouverture d’un compte bancaire dans les Etats baltes nécessite par exemple de débourser un forfait de 500 euros, justifié par l’analyse KYC à conduire, bien au-delà des forfaits pratiqués en Europe de l’Ouest. D’autant qu’il ne garantit pas l’ouverture du compte, qui peut être refusée si l’activité de la société ou un de ses actionnaires ne convient pas à la banque locale.

« On retrouve une forte rentabilité bancaire en Europe de l’Est avec des frais d’ouverture de compte, de tenue, des commissions de mouvements, des extraits de compte, des abonnements divers… Si votre unité de commercialisation sur place est petite, certaines banques peuvent mettre en place des forfaits intéressants pour bénéficier d’un certain nombre de virements ou de services », suggère le responsable de Crédit Agricole Corporate and Investment Bank.

Cash pooling

La zone SEPA regroupe aujourd’hui 41 pays, parmi lesquels figurent quasiment tous les pays d’Europe de l’Est hormis la Bosnie Herzégovine et le Kosovo. Cela permet de profiter de la standardisation des virements en euros vers ces pays selon un format unique (IBAN, BIC), des délais harmonisés (J+1, voire quelques secondes en instantané) et des règles tarifaires communes (équivalent d’un virement domestique).

Carte des pays membres de la zone SEPA et dont au moins un PSP propose ou non du SCT inst :

La Serbie est le dernier Etat à avoir rejoint la zone SEPA, le 5 mai 2026. Le pays a été très réactif en termes d’intégration avec pas moins de 18 banques déjà raccordées. La Serbie, comme l’Albanie, impose par contre des règles strictes en matière de cash pooling pour des raisons de contrôle des changes. Le cash pooling automatisé (zero balance accounting) y est interdit de façon transfrontalière. Il reste cependant possible de sortir les liquidités du pays mais de façon manuelle et dans le respect des cadres locaux.

Pour ce qui est des contraintes horaires bancaires (cut off time), elles sont similaires à celles pratiquées en Europe de l’Ouest étant donné que les pays opèrent sur le même fuseau horaire.

Un focus sur les pratiques de cash management dans les principaux pays d’Europe de l'Est (Pologne, Roumanie, Hongrie) et sur les Balkans occidentaux (Serbie, Albanie, Croatie) a également été présenté durant la réunion mais n’est pas retranscrit ici. Pour ne rien manquer des sujets de trésorerie, connectez-vous aux prochains évènements.

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