Résumé de la vidéo
đ„Tanguy Raviart & Alexandre Xerri - Programme Grande Ecole - Msc Finance Investment Banking - Grenoble Ecole de Management
"Increase in passive ownership and market inefficiency: focus on liquidity and crisis"
La montĂ©e en puissance fulgurante de la gestion passive a bouleversĂ© lâarchitecture des marchĂ©s financiers. EncensĂ©e pour ses coĂ»ts rĂ©duits et sa simplicitĂ©, elle a fini par dĂ©passer la gestion active aux Ătats-Unis, redĂ©finissant lâallocation du capital mondial. Mais derriĂšre cette success-story se cache une question peu explorĂ©e : cette rĂ©volution est-elle en train dâĂ©roder silencieusement la liquiditĂ© des marchĂ©s, et donc leur efficience mĂȘme ?
Câest Ă cette interrogation que ce mĂ©moire sâattache, en plaçant la liquiditĂ© au cĆur de lâanalyse. En exploitant un panel fixe de 500 sociĂ©tĂ©s du S&P 500 sur la pĂ©riode 2000-2025 et en sâappuyant sur des donnĂ©es FactSet quotidiennes, nous avons Ă©tudiĂ© lâimpact de la dĂ©tention passive sur les volumes Ă©changĂ©s, leur rĂ©partition intra-journaliĂšre, ainsi que leur rĂ©silience lors des grandes crises financiĂšres rĂ©centes (2008, 2011, 2020, 2022, 2025).
Les premiers rĂ©sultats rĂ©vĂšlent une rĂ©alitĂ© contre-intuitive : plus la gestion passive progresse, plus la liquiditĂ© se dĂ©place⊠hors des heures officielles de marchĂ©. Si les ETF donnent une impression de fluiditĂ© permanente, ils masquent en rĂ©alitĂ© un appauvrissement des Ă©changes intraday, pourtant cruciaux pour la dĂ©couverte des prix. Lors des crises, ce dĂ©placement sâaccentue et lâon observe une persistance inquiĂ©tante de lâassĂšchement des volumes une fois le point bas atteint. Enfin, contrairement Ă ce que la littĂ©rature laissait supposer, lâinclusion dâune entreprise dans le S&P 500 nâa pas dâeffet significatif sur ses volumes de transactions.
DerriĂšre lâimage rassurante dâun produit liquide et transparent, se dessine ainsi lâillusion dâune liquiditĂ© qui se concentre dans des fenĂȘtres Ă©troites et fragilise le marchĂ© en cas de stress. Ces rĂ©sultats soulĂšvent une question fondamentale : que devient un marchĂ© dont la liquiditĂ©, jadis continue et diffuse, migre progressivement vers lâombre des heures de cotation ?
Pour prĂ©server lâefficience, nous proposons des pistes concrĂštes : encourager un vĂ©ritable « active share » pour rĂ©habiliter le rĂŽle de la gestion active dans la dĂ©couverte des prix, adapter les horaires de cotation afin dâĂ©viter une congestion en fin de sĂ©ance, et revaloriser la recherche actions comme maillon central de la stabilitĂ© financiĂšre.
Ce travail invite Ă dĂ©passer lâopposition stĂ©rile entre actif et passif : lâenjeu nâest plus de savoir lequel lâemporte, mais comment leur coexistence peut continuer de garantir des marchĂ©s Ă la fois stables, liquides et efficients.