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Prix mémoire - 3e prix l Tanguy Raviart & Alexandre Xerri

madleen.patry@afte.com
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Publié le : 02/12/2025
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3m

Résumé de la vidéo

đŸ„‰Tanguy Raviart & Alexandre Xerri - Programme Grande Ecole - Msc Finance Investment Banking - Grenoble Ecole de Management

"Increase in passive ownership and market inefficiency: focus on liquidity and crisis"

La montĂ©e en puissance fulgurante de la gestion passive a bouleversĂ© l’architecture des marchĂ©s financiers. EncensĂ©e pour ses coĂ»ts rĂ©duits et sa simplicitĂ©, elle a fini par dĂ©passer la gestion active aux États-Unis, redĂ©finissant l’allocation du capital mondial. Mais derriĂšre cette success-story se cache une question peu explorĂ©e : cette rĂ©volution est-elle en train d’éroder silencieusement la liquiditĂ© des marchĂ©s, et donc leur efficience mĂȘme ?

C’est Ă  cette interrogation que ce mĂ©moire s’attache, en plaçant la liquiditĂ© au cƓur de l’analyse. En exploitant un panel fixe de 500 sociĂ©tĂ©s du S&P 500 sur la pĂ©riode 2000-2025 et en s’appuyant sur des donnĂ©es FactSet quotidiennes, nous avons Ă©tudiĂ© l’impact de la dĂ©tention passive sur les volumes Ă©changĂ©s, leur rĂ©partition intra-journaliĂšre, ainsi que leur rĂ©silience lors des grandes crises financiĂšres rĂ©centes (2008, 2011, 2020, 2022, 2025).

Les premiers rĂ©sultats rĂ©vĂšlent une rĂ©alitĂ© contre-intuitive : plus la gestion passive progresse, plus la liquiditĂ© se dĂ©place
 hors des heures officielles de marchĂ©. Si les ETF donnent une impression de fluiditĂ© permanente, ils masquent en rĂ©alitĂ© un appauvrissement des Ă©changes intraday, pourtant cruciaux pour la dĂ©couverte des prix. Lors des crises, ce dĂ©placement s’accentue et l’on observe une persistance inquiĂ©tante de l’assĂšchement des volumes une fois le point bas atteint. Enfin, contrairement Ă  ce que la littĂ©rature laissait supposer, l’inclusion d’une entreprise dans le S&P 500 n’a pas d’effet significatif sur ses volumes de transactions.

DerriĂšre l’image rassurante d’un produit liquide et transparent, se dessine ainsi l’illusion d’une liquiditĂ© qui se concentre dans des fenĂȘtres Ă©troites et fragilise le marchĂ© en cas de stress. Ces rĂ©sultats soulĂšvent une question fondamentale : que devient un marchĂ© dont la liquiditĂ©, jadis continue et diffuse, migre progressivement vers l’ombre des heures de cotation ?

Pour prĂ©server l’efficience, nous proposons des pistes concrĂštes : encourager un vĂ©ritable « active share » pour rĂ©habiliter le rĂŽle de la gestion active dans la dĂ©couverte des prix, adapter les horaires de cotation afin d’éviter une congestion en fin de sĂ©ance, et revaloriser la recherche actions comme maillon central de la stabilitĂ© financiĂšre.

Ce travail invite Ă  dĂ©passer l’opposition stĂ©rile entre actif et passif : l’enjeu n’est plus de savoir lequel l’emporte, mais comment leur coexistence peut continuer de garantir des marchĂ©s Ă  la fois stables, liquides et efficients.