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Ce qu'il faut savoir sur le cash management aux Etats-Unis

mars 2026
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Auguste Grignon Dumoulin
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La commission « ETI » a organisé une réunion le 19 mars sur les différences entre les pratiques de cash management en Amérique du Nord et en Europe. La présentation a été assurée par Cristiana Bexa, treasury manager officer à J.P. Mogan, et Warren Bellaloum, payments sales manager à J.P. Morgan. Découvrez le résumé des points abordés.

  • Le marché bancaire aux Etats-Unis est beaucoup plus morcelé que le marché européen. Il est composé de nombreuses petites banques, regroupant parfois une ou deux agences seulement, ce qui complique les interactions.

     

  • Il arrive que certaines de ces banques ne soient pas représentées sur le réseau SWIFT. Si elles ne disposent d’aucune banque correspondante sur SWIFT et n’ont aucun identifiant bancaire autre que le routing number, « la seule solution pour les atteindre est l’utilisation d’un chèque de banque internationale », explique Cristiana Bexa, treasury manager officer à J.P. Morgan.

     

  • Le chèque est un moyen de paiement encore très répandu aux Etats-Unis, avec près de 20 % des usages dans les paiements de gros (« business to business », B2B). Il connaît une baisse tendancielle, accéléré par la crise sanitaire, mais reste encore une pratique de marché. Les artisans, notamment, n’acceptent pas d’autres moyens de paiement. Un chèque se règle soit physiquement, un collaborateur le signant sur place, soit en l’instruisant de façon électronique, via sa plateforme bancaire ou via le réseau SWIFT.

     

  • Les paiements par carte sont très différents entre les deux rives de l’Atlantique. En Europe, les cartes de débit immédiat dominent, tandis qu'aux Etats-Unis, ce sont les cartes de crédit. Elles introduisent un décalage entre le paiement et la sortie de trésorerie (« clearing »), qui constitue un levier de « working capital » pour les entreprises.

     

  • Le virements ACH (Automated Clearing House) sont l’équivalent américain de nos virements SEPA européens. Ils s’exécutent soit le jour même (same day ACH), soit sont débites le jour J et crédités sur le compte du fournisseur en J+1. Contrairement aux virements SEPA, qui utilisent un standard unique IBAN/BIC, l’ACH repose sur le couple routing number + account number.

     

  • Aux Etats-Unis, deux moyens de paiement sont à surveiller en matière de fraude lors des décaissements : les chèques et les prélèvements. Les banques offrant un service anti-fraude sur les chèques avec le fichier Positive Pay, il est recommandé d’instruire les transactions via sa plateforme bancaire. La banque vérifiera que le numéro et le montant des chèques correspondent exactement à ceux déclarés dans le fichier. La banque est également tenue d’archiver les chèques pendant 10 ans généralement, ce qui peut être utile dans des affaires de litiges, salariaux comme commerciaux. Positive Pay aux États-Unis imposant une validation bancaire des chèques, cela limite l’automatisation complète dans un TMS.

     

  • Les prélèvements ACH sont moins encadrés que les prélèvements SEPA. Les entreprises sont donc prudentes dans le partage de leurs coordonnées bancaires, par crainte de prélèvements non autorisés. Certaines banques proposent néanmoins des solutions sécurisées, comme le blocage par défaut des ACH avec création d’une liste blanche des préleveurs autorisés. Cette fonctionnalité, gérée côté banque via l’e-banking, est également difficilement automatisable dans un TMS.

     

  • De façon générale, la culture de la trésorerie et des systèmes de gestion (« treasury management system », TMS) ne sont pas très répandus aux Etats-Unis, où l’e-banking domine encore largement. « Hormis chez les très grandes entreprises, il n’y a pas vraiment de fonction de trésorerie aux Etats-Unis. Les encaissements et les décaissements sont souvent l’affaire de la comptabilité, qui a toujours travaillé avec un système d’e-banking. Ne soyez donc pas étonnés s’il est difficile de déployer un TMS aux Etats-Unis : la conduite du changement de culture est un élément très important dans un tel projet », a indiqué Cristiana Bexa.

 

La réunion incluait également le retour d'expérience de Lucas Lice, trésorier groupe à Isabel Marant, qui a partagé ses conseils sur le déploiement d'un TMS aux Etats-Unis. Une partie de la présentation concernait également le cash management au Canada mais n'est pas retranscrite ici. Pour ne rien manquer des sujets de trésorerie, connectez-vous aux prochaines réunions.

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