Les actualités à surveiller en ce début d’année 2026
Après une année 2025 chargée, marquée par le retour de Donald Trump au pouvoir, s'ouvre l'année 2026, qui promet déjà d'être aussi mouvementée que la précédente. Voici une sélection non exhaustive de sujets à avoir en tête en ce début d'année pour les trésoriers d'entreprise.
L’impact de la crise vénézuélienne
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les Etats-Unis ont enlevé Nicolás Maduro, le président du Vénézuela. Cet évènement historique est en mesure de susciter un changement de régime dans le pays.
Le Vénézuela possède environ 20 % des réserves de pétrole mondiale mais en exporte à peine 1 % en raison d’infrastructures obsolètes, d’une corruption institutionnalisée et des sanctions américaines. Il conviendra de surveiller si la prise de contrôle du pays par les Etats-Unis changera cette situation et quel sera son impact sur la production pétrolière.
Les marchés n’ont pour le moment pas réagi fortement à cet évènement historique : le prix des barils de Brent (référence européenne) et de WTI (référence américaine) ont augmenté de 1,8 % chacun le 5 janvier, sans plus d’effets les jours suivants. Les activités pétrolières nécessitent des investissements dans le temps long et l’issue de cette crise est encore incertaine. Il est donc trop tôt pour affirmer des conséquences, l’évolution de la situation restant à surveiller.
Evolution des droits de douane américains
La politique tarifaire de Donald Trump, et plus particulièrement l’annonce des droits de douane « réciproques » le 2 avril lors du « Liberation Day », a marqué l’année 2025. Elle pourrait à nouveau se retrouver sur le devant de la scène en 2026 puisque plusieurs instances juridiques américaines (Cour internationale du commerce, cour d’appel fédérale) ont invalidé ces mesures au cours des derniers mois. La Cour Suprême des Etats-Unis, la plus haute instance juridique du pays, doit se prononcer début 2026 pour donner le dernier mot.
En cas de rejet, les droits de douane seraient révoqués et l’administration sommée de rembourser les entreprises américaines, qui ont absorbé l’essentiel du choc en 2025. L’impact pourrait cependant être limité car Donald Trump semble prêt à imposer ses droits de douane par d’autres mécanismes. Il convient toutefois de suivre cette situation car elle peut avoir un impact sur l’inflation américaine si les entreprises se mettent cette fois à répercuter les droits de douane sur les consommateurs. Cela pourrait motiver la Réserve fédérale à ajuster sa politique monétaire.
Entrée de la Bulgarie dans la zone euro
Le 1er janvier, la Bulgarie a fait son entrée dans la zone euro, devenant le 21ème membre de cette zone monétaire. Le taux de change retenu est de 1 euro pour 1,95583 lev bulgare.
Le pays compte 6,5 millions d’habitants et a rejoint l’Union européenne en 2007. Son produit brut intérieur (PIB) est de 142 milliards d’euros d’après le Fonds monétaire international, ce qui le place parmi les pays européens les plus pauvres en termes de PIB par habitant.
La Bulgarie a respecté tous les critères de Maastricht : une stabilité des prix (2,7% d’inflation en 2024), une dette publique et un déficit maîtrisés (24% et 3% du PIB en 2024) et des taux d’intérêt à long terme stables.
La carte des pays de l'UE membres de la zone euro est :
Le lancement ou non de l’euro numérique
Le projet d’un euro numérique, porté par la Banque centrale européenne (BCE), est aujourd’hui entre les mains du Parlement européen, qui doit voter son lancement ou non au cours du premier semestre 2026. En décembre 2025, c’est le Conseil européen qui a donné son accord.
Mais la situation est plus serrée au Parlement. Les partisans de l’euro numérique (centre gauche et libéraux) sont à encore 40 voix de la majorité absolue et devront compter sur les voix du centre droit pour espérer faire passer le projet. Des discussions vont s’engager et se poursuivre, ce que les entreprises ne doivent pas ignorer sans quoi l’euro numérique se construirait sans elles.
L’euro numérique peut représenter une opportunité pour obtenir un moyen de paiement souverain, innovant (paiements offline et paiements conditionnels), donnant accès aux transactions tokenisées (dans sa version de gros) et à un coût raisonnable.