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Le mouvement haussier sur les taux devrait se poursuivre durant les prochains mois

septembre 2026
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Auguste Grignon Dumoulin
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Points clefs :

  • La poursuite de la guerre en Iran nourrit le risque inflationniste, qui pousse les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt ;
  • De nouvelles hausses de taux sont attendues en Europe et aux Etats-Unis jusqu’en mars 2027 ;
  • A l’approche des élections présidentielles, les débats budgétaires houleux renforcent la prime de risque française ;
  • En dehors des institutions financières, la répercussion sur les entreprises française de la défiance vis-à-vis de la France n’était – jusqu’alors - pas encore matérielle.

Avec un passage à plus de 150 points de base (pbs) début octobre, l’écart de rendement entre les obligations souveraines à 10 ans de la France et de l’Allemagne retrouve un niveau inédit. Il traduit une inquiétude croissante des investisseurs à l’égard de la France alors qu’une phase plus active de la campagne présidentielle s’est amorcée, à laquelle s’ajoute les débats sur le budget.

La fragmentation croissante qui caractérise le paysage politique français éloigne la perspective de réformes structurelles permettant d’assainir les finances publiques. « Or, sans anticipation de politiques budgétaires rigoureuses, il est difficile d’imaginer une baisse de la prime de risque à court ou moyen terme », indique Antoine Desplanques, responsable de l’équipe Debt & Capital Markets à CIC Market Solutions. C’est également la principale raison invoquée par les agences de notation pour justifier leur décision de dégrader la note de la France.

Pour rappel, l’écart de rendement entre les obligations souveraines allemandes et françaises à 10 ans tournait entre 70 à 80 pbs depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. Il reflète le coût relatif d’un emprunt d’Etat français face à l’emprunt d’Etat allemand, considéré comme le taux sans risque en Europe. Il a dépassé la barre des 100 pbs à la mi-septembre et poursuit depuis son envolée.

Les répercussions de cette hausse de la prime de risque se font surtout sentir sur les établissements financiers, plus sensibles au risque souverain. « L’impact pour les entreprises non-financières est pour le moment assez limité. Mais certains investisseurs ne veulent d’ores et déjà plus accroître leur exposition à la France, tandis que d’autres envisagent réduire leur exposition sur des entreprises françaises », note Antoine Desplanques.

Il ne semble actuellement pas y avoir de discernement de la part des investisseurs entre les entreprises françaises exposées au marché domestique et celles tournées vers l’international. « Les conséquences sont encore peu significatives mais l’étiquette « France » pourrait finir par peser sur toutes les entreprises à l’avenir », ajoute Antoine Desplanques.

Deux à trois hausses de taux en Europe

Cette hausse de la perception du risque sur la France se conjugue avec une remontée des taux orchestrée par les banques centrales pour faire face au risque inflationniste lié à la poursuite de la guerre en Iran. L’inflation est récemment sortie à 3,2 % en août en Europe, obligeant la Banque centrale européenne à remonter son taux directeur à 2,50 %, tandis que la Réserve fédérale a procédé au même mouvement en relevant ses taux entre 3,75 % et 4 % pour faire face à une inflation de 3,4 % en août aux Etats-Unis.

La situation ne semble pas près de s’inverser car les marchés, en vertu du mandat des banques centrales centré sur la lutte contre l’inflation, anticipent la poursuite d’une politique monétaire restrictive. Ils prévoient deux à trois hausses de taux de la part de la BCE d’ici à mars 2027, et deux hausses de taux du côté de la Fed.

Les entreprises semblent donc devoir composer avec un niveau de taux durablement plus élevé. Dans ce contexte, il est intéressant d’étudier la forme de la courbe des taux : « la forme plate de la courbe des taux devrait inciter les émetteurs à privilégier les taux longs, le différentiel de coût entre les taux à 4 ans et à 10 ans étant presque nul pour la partie taux de référence », confirme Antoine Desplanques. Il reste que les investisseurs qui sont en marked to market ont eu tendance à privilégier les maturités courtes ou intermédiaires, moins sensibles à la hausse des taux.

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