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Quelles sont les priorités des trésoriers en 2026 ?

mai 2026
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Auguste Grignon Dumoulin
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Ouvert à tous

Points clefs :

  • L’EACT a présenté les priorités des trésoriers en 2026 sur la base d’un sondage ayant recueilli 283 réponses ;
  • Les prévisions de trésorerie sont l’élément le plus cité ;
  • Viennent ensuite la numérisation de la fonction trésorerie, son organisation et l’amélioration du BFR ;
  • Sur le front règlementaire, la norme ISO 20022 préoccupe le plus les trésoriers.

L’amélioration des prévisions de trésorerie reste le premier chantier des trésoriers d’entreprise en 2026. C’est l’enseignement principal du sondage de l’Association européenne des trésoriers d’entreprise (EACT) présenté en avril 2026 lors de sa conférence annuelle. Au total, 138 des 283 répondants – le plus large panel interrogé jusqu’à présent, ont placé cette réponse en tête de liste ; « un résultat consistant avec les années précédentes » relève l’association, puisque celui-ci se répète depuis 2019.

Le besoin s’est néanmoins « intensifié » ces dernières années : l’incertitude autour des taux d’intérêt, les ruptures géopolitiques et la fragilité des chaînes d’approvisionnement ont renforcé l’importance stratégique de savoir avec précision où et quand le cash sera disponible.

Une numérisation qui reste confrontée à des obstacles

Pour parvenir à cet objectif, les trésoriers s’appuient sur divers instruments. La numérisation de la fonction trésorerie est le principal et se retrouve logiquement en deuxième position dans le classement des priorités. La conduite de l’innovation se traduit notamment par le déploiement de solutions d’intelligence artificielle, l’automatisation de processus manuels ou encore l’élimination de la dépendance aux feuilles de calcul Excel.

Pour autant, les trésoriers ne sont pas encore en bout de course sur l’adoption de l’intelligence artificielle : la numérisation passe plutôt par le remplacement des anciens systèmes de gestion de trésorerie (TMS en anglais), la rationalisation des architectures informatiques ou la préparation du terrain en vue d’adopter des technologies plus avancées. On pense notamment à la structuration des données pour intégrer de l’intelligence artificielle. « Les trésoriers sont engagés dans des travaux plus fondamentaux », abonde l’EACT.

Parlant des TMS, la nécessité d’intervenir manuellement pour obtenir des reportings (via Excel, des modules supplémentaires ou des fintechs) est le reproche principal adressé aux systèmes actuels. Il s’explique par l’écart entre les demandes des directions financières, qui sont de plus en plus flexibles, et les rapports standardisés produits par les TMS. Cet écart implique souvent un travail manuel, qui éloigne l’horizon de la grande numérisation souhaitée par la fonction trésorerie.

L’imprécision des prévisions à long terme, la production de rapports de risques et la conduite de stress-test figurent également parmi les reproches les plus cités.

Working capital et règlementations

Quant aux autres priorités des trésoriers, on retrouve l’amélioration du besoin en fonds de roulement en haut du classement. « Sa position dans les priorités peut cependant changer drastiquement : elle peut être à la première comme à la dixième place. Personne ne s’y intéresse jusqu’à ce que le directeur financier l’érige en priorité », indique l’EACT.

La négociation et l’optimisation des délais de paiement reste de loin la solution privilégiée par les sondés (72,6 % des voix), devant l’affacturage (38,9 %) et le recours à des plateformes de prévisions de trésorerie (35,3 %). Les méthodes de paiement innovantes (22,6 %) et les financements adossés à des actifs (asset based financing, 19,4 %) complètent le classement.

La règlementation pointe quant à elle en queue de peloton des priorités des trésoriers. Pour autant, cela ne signifie pas que les trésoriers ne s’y intéressent pas - loin de là. Ils ont simplement des sujets plus opérationnels à traiter au jour le jour. Et c’est justement ici qu’interviennent les associations professionnelles comme l’EACT ou l’AFTE : elles ont la charge de représenter et défendre les intérêts des trésoriers sur ces fronts. La norme ISO 20022, les reportings ESG et la revue de la règlementation EMIR sont les trois sujets sur lesquels les trésoriers expriment le plus d’attentes.

« Les trésoriers qui ressentent la lourdeur [de ces textes] doivent savoir que leurs intérêts sont activement représentés au niveau législatif. L’EACT joue également un rôle clé en faveur de l’euro numérique », témoigne l’association européenne.