La lettre du trésorier - Publié le 5 mai, 2011 - 01:17. |
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| Extrait du sommaire : |
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- UN POINT DE VUE SUR LES MARCHÉS : Quelles politiques monétaires ?
- L’ENTRETIEN : Benoît Kerloc’h, Directeur des financements et de la trésorerie, CFAO
- DOSSIER : La monétique en plein bouleversement
- ACTUALITÉS : Nouvelle donne pour les marchés de produits dérivés
- ACTUALITÉS : Accélération du passage aux nouveaux protocoles de communication bancaire
- COMPTABILITÉ : Le livre vert de la Commission europeénne sur la gouvernance
- MÉTIER : Contrats financiers : grille d’analyse des clauses sensibles et gestion du risque juridique
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Editorial : |
En France, les financements via le marché monétaire représentent environ 500 milliards d’euros. Les banques et établissements financiers en recueillent la plus grande partie (approximativement 450 milliards par certificats de dépôt et bons à moyen terme négociables), les entreprises récoltant le reste en émettant des billets de trésorerie. L’Etat est par ailleurs un gros intervenant sur le marché monétaire. Une part importante de ces émissions est souscrite par les OPCVM. Rappelons que les principales sociétés de gestion qui conçoivent et commercialisent lesdits OPCVM sont des filiales de banques.
Un des principaux changements introduits par Bâle III est de renforcer la liquidité des banques, notamment via deux ratios, un à un mois - LCR ou liquidity coverage ratio - et un à un an - NSFR ou net stable funding ratio. L’objectif est de s’assurer que les fonds déposés dans les banques sont stables et ont peu de probabilité d’être retirés brutalement. Et les fonds prêtés directement aux établissements financiers sont réputés être plus stables que ceux qu’ils obtiennent via les Sicav et FCP. Les banques françaises ont donc entrepris une « course » aux dépôts pour que les prêteurs investissent directement dans leurs bilans, sans l’intermédiation d’aucun support. Les comptes sur livret, comptes à terme à intérêt progressif, etc, commencent à fleurir.
Quelles sont les conséquences potentielles de ces évolutions ? Tout d’abord se profile un risque d’assèchement du marché monétaire français, et, pour les mêmes raisons, européen. Par ailleurs, la France bénéficie d’une expertise reconnue en matière de gestion des titres de créances à court et moyen termes notamment au travers des OPCVM monétaires : elle pourrait disparaître.
Ces OPCVM sont des outils incomparables pour la gestion de trésorerie, tant des banques que des entreprises. En effet, les OPCVM monétaires permettent : d’obtenir en continu la réelle rémunération du marché et non une rémunération administrée à un niveau artificiel, non garantie dans le temps, coûteuse et tributaire des besoins de financement des banques et de leur situation concurrentielle ; d’assurer à tout moment une liquidité au jour le jour, y compris en période de crise, ce que n’autorisent pas les titres détenus en direct ou les comptes à terme ; une bonne diversification des risques de contrepartie par le nombre de lignes d’émetteurs composant les sous-jacents ; de sécuriser les encours, en raison de la ségrégation juridique des OPCVM dans le bilan de la banque teneur des comptes titres.
Les banques, en remettant en cause une source d’expertise et de revenus pour leurs propres sociétés de gestion, se tirent en quelque sorte une balle dans le pied. En outre, le financement des entreprises risque de souffrir. Une tendance de fond depuis plusieurs années est le moindre recours aux banques et des appels de plus en plus fréquents aux marchés financiers. Si le marché monétaire se rétrécit, les entreprises pourront-elles continuer à émettre sur ces marchés, notamment des billets de trésorerie ?
L’AFTE forme le voeu que les évolutions, pour nécessaires qu’elles soient, se fassent en tenant compte des impératifs des entreprises, qui sont les moteurs de la reprise indispensable à nos économies, et du maintien des sociétés de gestion comme structures représentatives de l’attrait de la place financière française.
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