Qui a raison ? Quand on évoque le crédit bancaire, les avis sont tranchés. De très nombreuses entreprises affirment que leurs partenaires banquiers sont réticents à leur accorder des lignes. Quant à ces derniers, ils clament haut et fort que leurs clients n’expriment pas de besoins, et que, globalement, ils respectent leurs engagements d’augmentation des encours.
Une des principales justifications mises en avant par les banquiers pour se défendre est l’appel massif aux marchés financiers par les entreprises. C’est vrai, mais … C’est vrai, ces marchés ont connu une forte activité en 2009, avec principalement de nombreuses émissions obligataires, et à des taux attrayants à partir du deuxième trimestre de l’année. Mais, ce sont essentiellement les entreprises de taille significative qui peuvent émettre des billets de trésorerie et des obligations, alors que ce sont les PME qui se plaignent de l’attitude des banques. Et quand l’AFTE interroge ses membres sur ces recours massifs aux marchés financiers plutôt qu’aux financements bancaires, ils répondent que les banques sont devenues très restrictives dans l’octroi des crédits, les négociations deviennent de plus en plus longues (jusqu’à quatre mois), les marges bancaires ont beaucoup augmenté, les conditions hors marge (covenants, garanties, …) se durcissent. Ils admettent également qu’ils ont profité des opportunités de forte liquidité et de taux tout compris avantageux.
Les trésoriers d’entreprise constatent aussi que les lignes court terme non confirmées et non tirées sont réduites voire supprimées, que les exigences en termes de mouvement bancaire sont de plus en plus grandes (c’est un donnant-donnant : crédit bancaire contre mouvement rémunérateur pour l’établissement financier). Ils reconnaissent que les marges bancaires, sans revenir à leur niveau d’avant crise, se sont légèrement détendues par rapport à leur plus haut.
Amélioration durable ou simple embellie ? La dernière livraison du baromètre AFTE Coe-Rexecode indique, en effet, que l’amélioration du solde d’opinion sur l’évolution des marges payées sur les crédits bancaires s’est interrompue depuis septembre 2009, et que le solde sur les difficultés de recherches de financements se détériore à nouveau depuis janvier 2010.
La reprise économique tant attendue devrait être le juge de paix pour le financement bancaire. Il est vrai qu’en 2009, les entreprises ont fait de gros efforts pour réduire leur besoin en fonds de roulement et elles ont par ailleurs freiné leurs investissements. Et comme l’activité s’était fortement ralentie, elles ont pu limiter leur recours au crédit bancaire. Mais si, comme espéré, la croissance est au rendez-vous en 2010, les entreprises vont à nouveau se tourner vers leurs partenaires bancaires pour faire face à leurs besoins. L’AFTE souhaite ardemment que les banques françaises répondent présent à ce rendez-vous.